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Les baïonnettes bouchons

Pour présenter les baïonnettes à bouchons , il suffit de lire cet extrait d'un essai d'un dictionnaire universel contenant généralement tous les mots François, tant vieux que moderne et les termes des sciences et des arts. Recueillis et compilés par Messire Antoine Furetière, de l'Académie Françoise.

 

BAYONNETTE. f. f. Dague, couteau pointu; sorte de petite épée longue d'un pied et demi, ou environ, -qui n'a point de poignée, mais seulement un manche de bois de 8. à 10. pouces, et qui n'a que deux petits boutons pour garde. La lame de la Bayonnette est faite en forme de lancette, large d'un pouce ou deux, longue d'un pied et fort pointue. La bayonnette est d'un grand service aux Dragons et Fuseliers;  parce que quand ils ont fait leurs décharges, et qu'ils se trouvent sans poudre et sans plomb, ils peuvent mettre le manche de la bayonnette dans le canon de leur fusil, et s'en servir comme d'une pertuisane. Elle est,  par la même raison, fort utile aussi aux Chasseurs qui vont à la chasse de l'ours et du sanglier, et de toutes les autres bêtes qui viennent au feu : aussi leurs bayonnettes sont-elles plus larges que celles des Dragons, afin qu'elles fassent de larges playes.
Ce mot est venu originairement de "Bayonne. On appelloit autrefois Bayonniers, les Arbalétriers, à cause qu'à Bayonne on faisoit les meilleures arbalètes ; de même que les pistolets ont pris leur nom de Pistoye.

 

Les baïonnettes à douille

Les baïonnettes bouchons avaient l’inconvénient majeur de devoir être enlevées du mousquet ou du fusil pour que le fantassin puisse tirer et recharger.

A la fin du 17ème siècle, des généraux et des ingénieurs militaires (dont Vauban) eurent l’idée de concevoir des baïonnettes ayant une lame forgée sur une douille. Cette pièce était formée de petits bouts de tôle recourbés et joints par forgeage ou brasage. Le diamètre de la douille devait être compatible avec celui du canon du fusil. Pour fixer la baïonnette au fusil, il fut inventé un système composé d’un tenon sur le canon du fusil et d’une ou plusieurs fentes sur la douille.

Au milieu du 18ème siècle, des armuriers cherchèrent à mieux fixer la baïonnette au fusil. Dans un premier temps, un bourrelet fut ajouté à l’entrée de la douille sur lequel se refermait un ressort fixé sur le fût du fusil. Courant de la seconde moitié du 18ème siècle, un autre système fut trouvé, celui de la virole, sorte de bague plate avec vis. Par une rotation de cette pièce, la baïonnette était facilement et correctement fixée au fusil ou retirée. Ces deux systèmes continuèrent d’exister au 19ème siècle.

Au 17ème et début du 18ème siècles, les lames de ces baïonnettes à douille furent principalement plates. Par la suite, les lames furent principalement de section triangulaire voire quadrangulaire avec ou sans pan creux. Un coude plus ou moins long reliait la lame à la douille pour éviter que le fantassin se blessât lors du rechargement du fusil lorsque la baïonnette était au canon.

Les sabres et épées baïonnettes

Le pauvre fantassin de l’époque portait lors de ses déplacements, comme lors des combats, en plus de son équipement réglementaire, l’épée ou le sabre (briquet) et bien évidemment son fusil et sa baïonnette à douille.

La question était alors, comment réduire la charge de celui-ci ?

Le choix fut de réunir la baïonnette et le sabre en une seule pièce d’où l’apparition du sabre-baïonnette.

La lame de ce sabre-baïonnette prendra dans un premier temps une double courbure dite « yatagan ».

Cette double courbure avait l’avantage d’écarter la pointe de la baïonnette de l’axe du canon, évitant ainsi les blessures à la main du tireur lors de l’utilisation de la baguette, puis de la remettre dans l’axe pour permettre le « coup de pointe »

Ce sabre-baïonnette sera plus tard remplacé par l’épée-baïonnette à lame droite dès l’apparition du fusil à chargement par la culasse.

Finalement la Première Guerre Mondiale sonnera la fin de ces sabres-baïonnettes et de ces épées-baïonnettes en raison de leurs difficultés d’utilisation dans les tranchées.

Les poignards baïonnettes

Derniers nés de l'industrie militaire, les poignards baïonnettes sont apparus après la guerre franco-allemande de 1870.  Au fil des âges, bien que nécessaires aux belligérants ces armes longues sont devenues encombrantes. Leur intérêt n'a pas pour autant disparu car son emploi s'est diversifié, en effet par l'adjonction d'un système astucieux, nombreuses d’entre elles sont devenues arme-outil, la rendant aujourd'hui indispensable au soldat.

Les curiosités

Toute collection amène son lot de curiosités, ainsi les baïonnettes ont parfois eu une seconde vie. Outils ou éléments de décoration, elles sont désormais des objets du quotidien à collectionner...

Bibliographie

Les principaux ouvrages sont rares et ne sont plus édités. Actuellement, l'accès à cette documentation est facilitée par l'arrivée de nouveaux auteurs. Chaque année, des thèmes variés sont étudiés, suscitant de nouveaux intérêts pour la collection.

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